Peu à peu... Tout se trouble. Je me souviens. C'était un jour de printemps. Les cerisiers pleuraient devant ta beauté. Tu t'es tournée vers moi. Et tu m'as regardé. Tes yeux de chat m'ont traversé le c½ur. Et tu m'as souris. Tu riais de ma surprise. Les pétales s'accrochaient à tes cheveux. Tu étais aussi belle que le jour. Je me suis approchée de toi. Et tu m'as offert une fleur. Elle paraissait fade devant ta beauté. Mais j'ai souris à mon tour. Nous sommes restés là, ensemble. A admirer le printemps valser. Dans le murmure des fleurs. La nuit est tombée. Et j'ai dû partir. Le lendemain, tu étais là. Tu m'attendais m'as-tu-dis. Tes yeux m'avaient manqué. Mon c½ur s'était meurtri. Mais je t'ai revu. J'étais heureux que tu m'attendes. Nous nous sommes promenés. Je me souviens de tes cheveux au vent. Ta jupe qui dansait sur tes genoux. Nous nous sommes assis dans l'herbe. Tu as fermé les yeux. « Dis, tu l'entends ? Le chant du monde ? » Nous l'avons écouté jusqu'à la tombée de la nuit. Le lendemain, tu étais encore là. Assise par terre. A contempler la rivière. Lentement, sans un bruit, je me suis assis à côté de toi. A deux, nous avons échangé nos silences. Les papillons nous chatouillaient. Mais peu nous importait. Tu t'es levée. Et tu m'as tendue la main. Je l'ai prise. Et nous sommes partis admirer le monde. Mais un jour tu es partie. Dans un battement de rire. Et tu m'as laissé. Seul avec moi même. Depuis lors, le monde semble m'en vouloir. Tout me rappelle nos souvenirs. La marche du temps. La ronde des insectes. Le chuchotement du vent. Le requiem des brindilles. Le tango des hirondelles. La musique qui m'empare. Pourquoi es-tu partie ? Pourquoi m'as-tu laissé ?